Traitement filmogène

Le traitement filmogène est une couche protectrice continue (résine, peinture, vernis, cire dure, membrane liquide…) appliquée sur un support de bâtiment — béton, acier, bois, parfois zinc ou enduit — pour faire écran à l’eau, aux sels, au CO₂, aux UV et aux agressions chimiques/mécaniques. Contrairement aux traitements non filmogènes (hydrofuges pénétrants, silanes/siloxanes) qui imprègnent le matériau, un filmogène recouvre et crée une barrière mesurable (épaisseur sèche, Sd). Bien choisi et bien posé, il freine la carbonatation, protège les aciers, limite l’encrassement et stabilise l’aspect des ouvrages.

Traitement filmogène : définition opérationnelle et usages

Un système filmogène associe un primaire (adhérence/anticorrosion), une ou plusieurs couches de base (épaisseur, étanchéité) et une couche de finition (UV, nettoyage).

Les familles courantes :

- Acryliques/polyuréthanes : finitions UV stables pour façades/bétons apparents, parkings.

- Époxydes : films durs et chimiquement résistants (locaux techniques, cuvelages intérieurs), souvent protégés UV par une polyuréthane.

- Cires/vernis filmogènes bois : protection surface (terrasses intérieures, menuiseries extérieures selon gamme).

- Membranes liquides armées (PU/PMMA) : pontage de microfissures, relevés étanches.

Applications typiques : façades béton (anti-carbonatation), sous-faces et dalles de parkings (sels de déverglaçage), poutres/poteaux en milieu chloré, locaux CVC (protection génie civil), structures acier (systèmes anticorrosion).

Intérêts, limites et points d’attention

Intérêts

  • Barrière aux agressions : eau, chlorures, CO₂ → carbonatation ralentie, aciers préservés.
  • Durabilité & entretien : surface moins poreuse → encrassement et poussières réduits, nettoyage facilité.
  • Aspect & lisibilité : teinte maîtrisée, ouvrages plus homogènes (utile en parties visibles).
  • Fonctions spécifiques : antidérapant parking, pontage microfissures, marquage zones techniques.

Limites

  • Perméabilité à la vapeur : film trop fermant = risque de cloquage/désadhérence si humidité résiduelle.
  • Vieillissement UV (selon résine) → reprises périodiques (cycle de maintenance).
  • Préparation exigeante : supports secs, propres, poncés/hydrodécapés ; défauts → adhérence aléatoire.
  • Chocs & poinçonnement : films fins sensibles (prévoir épaisseur et armature si besoin).

Points d’attention

  • Choix du système : viser un compromis Sd (frein vapeur vs respirance) adapté au climat et au support ; anti-carbonatation si béton exposé.
  • Compatibilité : vérifier ancienne peinture, pH du béton, humidité (CM%), sels ; primaires anticorrosion sur aciers.
  • Épaisseurs : contrôler DFT (dry film thickness) par passe ; respecter consommations et temps de recouvrement.
  • Détails : soigner arêtes, reprises, relevés, joints (mastic compatible) — zones de décollement fréquentes.
  • Sécurité/qualité air : VOC, classement au feu, antidérapance (parkings, circulations).
  • Maintenance : planifier recontrôle (adhérence « cross-cut », microfissures, usure) et cycles de réfection.

Anecdote — « Un parking qui a tenu la marée à La Rochelle »

À La Rochelle, les dalles béton d’un parking semi-ouvert blanchissaient et la ferraille pointait sous l’effet des embruns. Le chantier a reçu un système filmogène anti-carbonatation : primaire adapté, époxy d’accrochage, puis polyuréthane aliphatique UV-stable, avec armature aux fissures. Deux hivers plus tard : efflorescences stoppées, chlorures contenus, lessivage simplifié et aucune cloque — preuve qu’avec le bon Sd, le bon primaire et une pose rigoureuse, le film fait rempart sans « étouffer » l’ouvrage.

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