Qualité d’air intérieur (QAI)
La qualité d’air intérieur (QAI) désigne l’état de l’air respiré dans les espaces clos (bureaux, commerces, logements, écoles) et son impact sur la santé, le confort et la performance. Elle résulte d’un équilibre entre ventilation (apport d’air neuf), émissions (matériaux, mobiliers, activités, process), entretien (filtres, nettoyages), pilotage (GTB/horloges) et environnement extérieur (polluants, pollen, trafic). Une bonne QAI réduit maux de tête, fatigue, absentéisme, protège les équipements (encrassement) et améliore la prise de décision… tout en optimisant les kWh si la ventilation est bien régulée.
QAI : définition et leviers opérationnels
Opérationnellement, la QAI se suit via des indicateurs :
- CO₂ (proxy d’occupation),- COV totaux/spécifiques (solvants, formaldéhyde),- particules fines (PM₂.₅/PM₁₀),- humidité (HR),- température,- parfois radon ou ozone selon sites.
Des cibles usuelles en tertiaire :
- CO₂ maîtrisé (environ 800–1000 ppm en occupation),- PM₂.₅ bas (air filtré),- HR 40–60 % pour le confort et la viabilité microbienne.
Les leviers :
- Ventilation : dimensionnée (débits hygiène), régulée à la demande (CO₂/VOC/présence), équilibrée (pression, bouches propres), free/night-cooling saisonnier pour purger.
- Filtration : classes adaptées (filtres fins sur air neuf/recyclé), joints étanches, plan de remplacement.
- Matériaux/mobilier : faibles émissions (peintures, colles, panneaux), temps de purge avant livraison.
- Entretien : CTA propres, siphons/évents traités, nettoyages non émissifs.
- Pilotage GTB : horaires en phase avec l’occupation, by-pass échangeurs si besoin, alarmes ΔP filtres, suivi CO₂/PM.
- Architecture : zones tampon, protections solaires (limiter surchauffe → moins d’émissions secondaires), apports d’air loin des sources extérieures polluées.
QAI en projet : intérêts, limites et points d’attention
Intérêts
- Santé & confort : moins de symptômes (irritations, maux de tête), productivité accrue.
- Exploitation : équipements moins encrassés, plaintes en baisse.
- Énergie maîtrisée : avec la régulation à la demande, on ventile juste.
Limites
- Mesurer coûte (capteurs, étalonnages) et demande du temps d’analyse.
- Conflits VMC/énergie : surventilation = kWh ; sous-ventilation = QAI dégradée.
- Pollution extérieure : impose filtration supérieure et choix d’amenées d’air.
Points d’attention
- Conception : débits conformes, réseaux étanches, acoustique (éviter l’occlusion par usagers).
- Régulation : CO₂/VOC/présence, lois d’horaires réalistes, night-cooling sécurisé.
- Filtration : niveau adapté au contexte (urbain, pollen, poussières chantier), suivi ΔP.
- Matériaux : privilégier A+ / faibles émissions ; planifier un rodage post-travaux.
- Maintenance : calendrier filtres, nettoyage bouches/CTA, contrôle équilibrages.
- Capteurs : placement représentatif, étalonnage périodique, tableaux de bord lisibles (syndic, exploitant).
Anecdote — « L’air qui a réveillé Montreuil »
À Montreuil, des bureaux multi-locataires cumulaient fatigue en après-midi et plaintes d’odeurs. Le suivi CO₂/PM a dévoilé des pics à 14 h (salles réunion) et des filtres colmatés. Actions : régulation à la demande (capteurs CO₂ en salles), séquencement des réunions, filtres neufs et night-cooling l’été. Résultat : CO₂ tenu sous 1000 ppm en charge, PM₂.₅ divisés par deux, plaintes en chute. Un occupant a résumé : « Même le café est meilleur quand l’air est bon. »
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