DJU (Degrés Jours Unifiés)
Les DJU (degrés jours unifiés) mesurent, sur une période donnée, l’écart cumulé entre la température extérieure et une température de base choisie. Ils servent à quantifier la rigueur d’un hiver (DJU chauffage) ou d’un été (DJU froid), à normaliser des consommations d’énergie et à comparer des années/sites. En pratique, plus les DJU chauffage sont élevés, plus la saison a été froide et les besoins de chauffage importants ; plus les DJU froid sont élevés, plus l’été a été chaud et les besoins de climatisation élevés.
DJU : définition opérationnelle et calcul
Pour une base de chauffage (souvent 18 °C en France), on calcule chaque jour :
- DJU₍chauffage₎(jour) = max(0, Tbase − Tmoy.ext), où Tmoy.ext est la moyenne (Tmin+Tmax)/2.
On cumule ensuite sur le mois ou l’année. Exemple rapide : Tbase 18 °C, Tmoy 8 °C → 10 DJU pour le jour.
- Pour le froid, c’est l’inverse : DJU₍froid₎(jour) = max(0, Tmoy.ext − Tbase_froid), avec une base souvent 22–24 °C selon l’usage.
Choisir la base dépend de la consigne et de l’inertie du bâtiment (18 °C ≠ 20 °C).Les DJU existent par station météo et se déclinent mensuellement/annuellement. Ils permettent d’établir des courbes de corrélation entre kWh et DJU (régressions) pour isoler la part météo des consommations, estimer une consommation de référence « à météo normale », ou comparer deux sites/climatologies.
DJU en projet & en exploitation : intérêts, limites et points d’attention
Intérêts
- Normaliser les consommations : comparer un hiver rigoureux à un hiver doux.
- Suivre la performance : si les kWh/DJU baissent, l’exploitation s’améliore (réglages, équilibrage, loi d’eau).
- Prévision : estimer les kWh de chauffage/clim selon des scénarios météo (budget).
- Benchmark multi-sites : ramener les consommations à un indicateur commun.
Limites
- Hypothèse de linéarité besoins ↔ DJU (réalité impactée par apports solaires, vent, occupation).
- Température de base parfois inadaptée au bâtiment (sur/sous-estimation).
- Ne traite pas le confort d’été fin : la RE2020 utilise plutôt les DH (degrés-heures) pour la surchauffe.
Points d’attention
- Base cohérente : choisir 18 °C (ou 20 °C) en chauffage selon consigne/inertie ; 22–24 °C en froid selon usage.
- Source unique : utiliser la même station et la même méthode d’un mois sur l’autre.
- Périmètre : nettoyer les kWh des usages non climatiques (process, bureautique) avant corrélation.
- Analyse : suivre kWh/DJU et pente/interception de la régression (l’interception révèle la base non météo).
- Mise au point : si kWh/DJU dérive, vérifier loi d’eau, équilibrage, calorifugeage, horaires GTB.
- Été : DJU froid utiles pour clim, mais compléter par DH, humidité et apports solaires.
Anecdote — « DJU et facture remis d’équerre à Besançon »
À Besançon, un immeuble tertiaire voyait sa facture grimper malgré un hiver annoncé « moyen ». La comparaison kWh vs DJU18 a montré une pente plus raide que l’année précédente et une interception en hausse (consommations hors météo). Après audit : loi d’eau trop raide, calorifugeage lacunaire en gaine, et horaires GTB élargis « provisoirement ». En adouçant la pente, recalorifugeant les colonnes et resserrant les horaires, l’indicateur kWh/DJU est revenu au niveau N–1, confirmant des gains réels indépendants de la météo.
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