COP / EER (performances instantanées)
Le COP (Coefficient of Performance) et l’EER (Energy Efficiency Ratio) mesurent la performance instantanée d’un système thermodynamique. Le COP s’applique au chauffage : c’est le rapport entre la puissance thermique fournie (kW) et la puissance électrique absorbée (kW). L’EER s’applique au refroidissement : c’est la puissance de froid utile divisée par la puissance électrique. Ces valeurs évoluent en temps réel selon les conditions extérieures, les températures d’eau/air et la charge. Elles diffèrent des indicateurs saisonniers (SCOP/SEER) qui intègrent des profils météo d’une année type et les fonctionnements à charge partielle.
COP / EER : définition opérationnelle et lecture
COP (chauffage) = kW chaud délivrés / kW élec absorbés. Exemple : un COP de 3 signifie que 1 kW électrique produit 3 kW de chaleur.
EER (froid) = kW froid délivrés / kW élec absorbés. Exemple : un EER de 3 signifie 1 kW électrique pour 3 kW de froid.
En pratique, ces ratios dépendent :
- des températures sources (air extérieur, eau de nappe, sondes géothermiques),
- des températures de départ/retour côté émetteurs (planchers 30–35 °C vs radiateurs 55–70 °C),
- de la charge partielle (modulation du compresseur),
- des auxiliaires (pompes, ventilateurs) inclus ou non selon la méthode de mesure (fiche fabricant, norme d’essai, mesure in situ).
À retenir : un COP/EER “catalogue” à point fixe (ex. 7 °C air / 35 °C eau) n’anticipe pas la performance réelle en hiver rigoureux ou en canicule. Le SCOP/SEER et les suivis GTB (courbes de charge, logs) sont nécessaires pour cadrer la réalité annuelle.
Interpréter COP/EER : atouts, limites et vigilances
Atouts
- Indicateurs immédiats pour comparer des réglages ou variantes (loi d’eau, température ECS, vitesse de pompes).
- Bons repères pour diagnostiquer un écart (encrassement échangeurs, débit insuffisant, surchauffe/sous-refroidissement).
- Utiles pour optimiser l’hydraulique (ΔT cible), l’aéraulique et la modulation du compresseur.
Limites
- Très sensibles au contexte : un excellent COP à mi-saison ne garantit pas la performance en grand froid.
- Comparabilité délicate entre marques si les auxiliaires ne sont pas comptés pareil.
- N’intègrent pas les périodes de dégivrage (PAC air/eau) ni les arrêts/redémarrages fréquents.
- Peu représentatifs de l’économie annuelle : préférer SCOP/SEER, IPLV, mesures in situ.
Points de vigilance (conception & exploitation)
- Baisser les températures de départ (émetteurs basse T°, loi d’eau optimisée) → COP/EER en hausse.
- Assurer les débits (débit mini PAC, équilibrage, filtres propres) → éviter le cyclage.
- Nettoyer les échangeurs et soigner la qualité d’air/eau (givre, encrassement = baisse immédiate).
- Suivre en GTB : log kW chaud/froid et kW élec pour une courbe COP/EER vs météo.
- Anticiper les dégivrages (PAC air/eau) : implantation au sec, gestion des créneaux critiques.
- Vérifier ce que mesure l’instrumentation : inclure/extraire pompes/ventilateurs selon l’objectif (comparaison interne vs contrat).
Anecdote — « Un COP qui fondait au soleil de Montpellier »
À Montpellier, une PAC réversible d’un immeuble tertiaire affichait un EER correct au printemps… mais chutait en canicule. Le suivi GTB a révélé : gaines en toiture exposées au soleil, ΔT insuffisant côté eau glacée et échangeur encrassé. Actions simples : isolation des tronçons chauds, recalage débits et nettoyage. Résultat : EER +14 % en période chaude, sans toucher au compresseur. Morale : avant d’accuser la machine, regarder les périphériques — c’est souvent là que le COP/EER se joue.
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