Bouches hygroréglables
Les bouches hygroréglables sont des orifices d’extraction (et parfois d’amenée d’air en façade pour les systèmes « B ») qui adaptent automatiquement le débit de ventilation en fonction de l’humidité relative intérieure. Très répandues en VMC hygro (logements collectifs, résidences étudiantes, hôtels), elles augmentent le débit quand l’humidité monte (douche, cuisson, occupation forte) et le réduisent quand l’air est sec, pour assurer la QAI tout en économisant l’énergie.
Bouches hygroréglables : principe, types et implantation
Le principe repose sur un capteur d’humidité : le plus courant est un ruban polyamide (mécanique, sans pile) qui se dilate avec l’humidité et ouvre progressivement la lumière de la bouche ; il existe aussi des versions électroniques (capteur + micro-moteur, piles/secteur) avec fonctions boost (cordon, présence), horloge ou seuils réglables.
Deux architectures de VMC hygro :
- Hygro A : entrées d’air autoréglables en façades (débit fixe) et bouches d’extraction hygroréglables (débit variable).
- Hygro B : entrées d’air hygroréglables et bouches hygroréglables → modulation à l’entrée et à la sortie (sobriété renforcée).
Implantation : bouches dans pièces humides (SDB, WC, cuisine), raccordées par réseaux aérauliques à un extracteur en combles/toiture. Prévoir atténuateurs si besoin, clapet anti-retour, pente des conduits (éviter ruissellement), accessibilité pour entretien, et prises d’air en façades éloignées des sources polluées. En ERP/tertiaire léger, on les trouve en annexes (sanitaires, locaux douches), parfois couplées à une détection présence.
Intérêts, limites et points d’attention en projet/exploitation
Intérêts
- QAI pilotée par l’usage : débit haut quand il faut, bas sinon → Hygrométrie maîtrisée, moisissures limitées.
- Sobriété : débits réduits en période sèche → kWh ventilateurs et déperditions par air neuf en baisse.
- Simplicité : versions mécaniques sans énergie, pose et réglages rapides.
- Acoustique : modèles avec atténuation et profils anti-sifflement.
Limites
- Dépendance HR : ne traite pas les polluants non corrélés à l’humidité (COV, CO₂ en chambres/bureaux peu humides).
- Encrassement : graisses/poussières faussent la loi d’ouverture (cuisines, ateliers).
- Tirage insuffisant si réseaux sous-dimensionnés ou entrées d’air obstruées.
Points d’attention
- Choix du système : Hygro B plus économe mais exige entrées d’air soignées ; A plus simple en rénovation.
- Équilibrage aéraulique : vérifier pressions disponibles au caisson, longueurs équivalentes et fuites ; viser un SFP bas.
- Acoustique : sélectionner NR cible, poser silentblocs/atténuateurs, limiter vitesses en conduits.
- Entretien : dépoussiérage/dégraissage périodique des bouches, contrôle des capteurs (HR), nettoyage des entrées d’air.
- Étanchéité bâtiment : garantir chemin de l’air (détalonnage portes), calfeutrer les entrées parasites.
- Climat : en zones très humides, prévoir mode boost/horaires et antiblocage du volet.
Anecdote — « Fini le mur noirci à Saint-Nazaire »
À Saint-Nazaire, un immeuble en copropriété accumulait condensation et moisissures dans les SDB. Les anciennes bouches autoréglables tournaient à plein… même à sec, et pas assez après les douches. La rénovation a basculé en Hygro B : entrées d’air hygro neuves, bouches cuisine/SDB avec boost et réseaux nettoyés. Trois mois après : HR de pointe abaissée, mur noircissant disparu, odeurs réduites, et la consommation d’extraction –25 % grâce aux bas débits en période sèche. Le syndic a tranché : « On ventile quand ça sert, pas tout le temps. »
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